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The Mental forecast PRESS
The Mental Forecast PRESS is an independent publishing initiative examining the forces reshaping psychic life and contemporary societies.
Its Dossiers offer short, sustained investigations into problems that cross the boundaries of established disciplines.
Each volume connects scientific evidence with clinical experience and critical inquiry, following a problem wherever its consequences lead.
The series opens with Dark Machinic Epistemology, an investigation into knowledge that becomes operational power while escaping public scrutiny.
Cognitive Weapons will examine the targeting of perception, attention, judgment and behaviour.
The Grafted Self will explore how externally organised desires come to feel intimately our own.
Permanent War and Programmed Exhaustion will investigate how threat and fatigue become political and economic resources.
Throughout the series, findings remain distinguishable from hypotheses, and arguments remain open to correction.
To forecast is to trace forces already at work and make their possible consequences available for thought and debate.
The ambition is to recover the capacity to understand what acts upon us—and the grounds on which we might contest it.

What happens when knowledge becomes most powerful precisely when it ceases to be public?
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Dark Machinic Epistemology examines a new organization of knowledge emerging within platforms, corporations, artificial intelligence, and security systems. These systems test environments, compare reactions, and retain whatever produces the desired effect. Their discoveries need not become theories or statements. A finding can disappear into a ranking, risk score, notification, price, or interface. The system knows enough to act without stating what it knows.
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Private infrastructures possess the data and experimental resources required to produce this operational knowledge. Public science studies the consequences afterward. It may supply methods and models while remaining unable to examine what industry learns from them—becoming both the public showcase for opaque knowledge and its intellectual subcontractor.
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Machinic power needs no complete understanding of the mind; it needs only to discover which conditions make a response more likely. Through repeated cues, personalized timing, frictionless interfaces, and the removal of stopping points, platforms do not merely observe behavior: they help produce it. The operative body becomes accessible through some of its transitions. These patterns can be grafted onto anxiety, desire, attachment, boredom, and fear, forming an operational unconscious partly outside awareness.
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The same machinery produces the statistical double: not a digital replica, but a probabilistic stand-in used to decide how someone will be treated. By determining what becomes visible, urgent, or difficult to refuse, prediction helps manufacture the conduct that will later appear to confirm it.
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This operational intelligence coincides with a public manufacture of ignorance. Societies are not deprived of information; they are saturated with it. Alerts, images, and incompatible interpretations compete for exhausted attention, while the knowledge organizing their circulation remains private. Saturation performs the work once accomplished by secrecy: information remains available but becomes practically impossible to connect and transform into judgment.
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This epistemic inversion transforms democracy, security, and war. Threats become markets, governments adopt infrastructures they cannot inspect, and platforms become indispensable to identifying the operations conducted through them. Perceptual warfare no longer depends on imposing a lie. Continuous stimulation can make truth operationally unnecessary: the next image does not refute the previous one—it expels it.
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The book follows this transformation from checking a phone to automated government, permanent war, and global disorder. It asks what becomes of freedom when systems preserve the appearance of choice while organizing its conditions. A civilization remains free only while it can examine what acts upon it, interrupt what works, and refuse to turn every profitable regularity into a means of governing behavior.
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ISBN-10 : 2970214415
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ISBN-13 : 978-2970214410
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Que savent de nous les systèmes qui organisent une part croissante de notre existence — et que devient ce savoir lorsqu’il sert moins à nous comprendre qu’à nous faire agir ? Lorsque nous ouvrons une vidéo, nous attardons quelques secondes sur une image ou quittons une page sans acheter, le système enregistre notre réaction et s’en sert pour décider ce qu’il nous montrera ensuite, à quel moment et sous quelle forme. À force de tester des interfaces, de classer des profils et de comparer des réactions, les infrastructures numériques apprennent les conditions dans lesquelles nous regardons, achetons, travaillons, consentons ou cédons. Elles n’ont pas besoin de découvrir qui nous sommes ; il leur suffit de prévoir ce que nous ferons et d’ajuster le milieu pour favoriser le comportement attendu.
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De ce laboratoire permanent émerge une forme de connaissance singulière. Elle n’a plus besoin d’être formulée comme une théorie, publiée ou même comprise par un sujet humain pour devenir efficace. Elle peut demeurer dispersée entre des données, des paramètres, des modèles et des millions d’expériences, puis se matérialiser dans l’ordre d’un fil d’actualité, une recommandation, une évaluation automatisée ou la difficulté discrètement imposée à un refus. Liviu Poenaru nomme « obscure épistémologie machinique » ce savoir qui disparaît dans l’opération qui l’exploite : un savoir partiel, opaque et intéressé, dont la valeur se mesure moins à sa vérité publiquement démontrable qu’à sa capacité de produire un effet.
Cette mutation bouleverse les rapports entre science, économie et pouvoir. Les entreprises possèdent les instruments de mesure, le milieu expérimental, l’accès aux populations et les moyens d’appliquer immédiatement ce qu’elles apprennent. La recherche publique, dépendante de leurs données, de leurs infrastructures et parfois de leurs financements, peut fournir les méthodes et le prestige scientifique sans pouvoir examiner l’ensemble des usages qui en sont faits. Une asymétrie historique s’installe : les systèmes perfectionnent leur connaissance opératoire des populations, tandis que les populations, saturées d’informations et tenues à l’écart des expériences menées sur elles, comprennent de moins en moins les forces qui façonnent leurs conduites.
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Depuis la fabrication des automatismes et des corps opératoires jusqu’aux doubles statistiques, à la clinique de l’épuisement, à la déraison collective et au [dés]ordre mondial, ce livre suit les effets de cette connaissance lorsqu’elle devient notre environnement. Il montre comment une domination peut s’inscrire en amont du choix, dans ce qui apparaît, se répète, inquiète, récompense ou détourne l’attention, tout en laissant au sujet l’impression de décider librement. L’enjeu n’est ni de dénoncer une machine toute-puissante ni de rêver à un retour hors de la technique, mais de reprendre prise sur les conditions dans lesquelles ce savoir agit : pouvoir en examiner les objectifs, en contester les usages et interrompre ce qui fonctionne lorsque son efficacité même menace les capacités humaines nécessaires pour le juger.
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ISBN-10 : 2970214407
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ISBN-13 : 978-2970214403
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Que se passe-t-il lorsqu’une institution sépare un enfant de ses parents pour le protéger, puis transforme la souffrance provoquée par cette séparation en preuve qu’elle avait raison ? Le parent s’effondre, l’enfant se replie ou s’agite. Ces réactions deviennent instabilité, agressivité ou refus de collaborer, et servent à prolonger la mesure.
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Liviu Poenaru nomme « meurtre biopsychosocial » la disparition imposée de l’enfant dans la vie du parent et du parent dans celle de l’enfant, avec la cascade biologique, psychique et sociale qu’elle déclenche. Tous deux restent vivants, mais leur lien quotidien est détruit ; leur santé, leur travail, leurs relations et parfois leur désir de vivre sont atteints. Wall-Wieler et ses collègues ont constaté une santé mentale plus dégradée chez les mères ayant perdu la garde d’un enfant que chez celles dont un enfant était décédé. Le concept ne désigne pas un homicide, mais une mort sans cadavre dont les effets peuvent dépasser ceux d’un décès reconnu.
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Ce meurtre introduit une menace de destruction et de morcellement. La famille vit l’institution comme une puissance persécutrice ; l’institution reçoit la colère ou les menaces du parent comme la preuve qu’elle affronte un sujet dangereux. La « folie à plusieurs » naît de cette persécution réciproque : la peur appelle le contrôle, le contrôle accroît la détresse, et la détresse justifie de nouvelles restrictions.
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Le système met lui-même le morcellement en acte. Le parent est réduit à ses symptômes, l’enfant à des indicateurs de risque, la relation à des visites et la responsabilité à une chaîne d’acteurs. Le service interprète, l’expert médicalise, le tribunal rend cette lecture exécutoire, puis les réactions provoquées reviennent comme de nouvelles preuves. La fracture disparaît ; ses morceaux deviennent le dossier.
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Réalisée après la séparation, alors que chaque parole peut modifier l’accès à l’enfant, l’expertise psychiatrique peut transformer un état sous contrainte en structure de personnalité. La colère devient pathologie, le désespoir instabilité, la contestation défaut d’introspection. Si l’expert ne distingue pas ce qui précédait la fracture de ce que la procédure a produit, son expertise devient une épistémologie sous contrainte : elle dénie la fracture, puis diagnostique ses effets.
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La torture psychologique apparaît lorsque la perte, l’incertitude et l’impuissance se prolongent sans issue, tandis que chaque réaction est retournée contre celui qui la subit. La séparation peut être vécue comme un viol biopsychosocial du corps, de la filiation, de l’identité et de la vie sociale. Le livre distingue cette expérience des qualifications juridiques de traitement inhumain, dégradant ou de torture, mais refuse que la légalité rende la violence innocente.
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Science de la protection des mineurs demande à l’État ce qu’il exige des parents : prévoir le danger, choisir la mesure la moins dommageable et l’interrompre lorsqu’elle détruit ce qu’elle devait protéger.
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ISBN-10 : 2970214423
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ISBN-13 : 978-2970214427
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